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L'Observatoire des Religions et de la Laïcité (ORELA) de l'Université libre de Bruxelles a la plaisir de vous annoncer la parution de son deuxième rapport sur l'état des religions et de la laïcité en Belgique. Ce rapport porte sur l'année 2013, et sera présenté le mardi 20 mai à 10h30, au Centre interdisciplinaire d'étude des religions et de la laïcité de l'Université libre de Bruxelles, 17, avenue Fr. D. Roosevelt à 1050 Bruxelles (rez-de-chaussée).

Ce rapport sera ensuite accessible en ligne sur notre site.

Réservation souhaitée au +32 2 6503578 ou par mail :  Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

L'Observatoire des Religions et de la Laïcité (ORELA) de l'Université libre de Bruxelles fait paraître son deuxième rapport sur l'état des religions et de la laïcité en Belgique, portant sur l'année 2013. Fort de près de 80 pages, ce rapport propose des commentaires et analyses relatifs à ce qui a fait l'actualité des religions et de la laïcité en Belgique l'an dernier. Il aborde le domaine des rapports entre religion et société comme celui des relations entre l'Etat et les cultes, et ce dans un contexte marqué de de forte médiatisation du religieux, de peurs autour de l'islam, de nouvelles religiosités en réseau et de débats sur des questions éthiques notamment, entre sécularisation marquée de la société et retour institutionnel des religions.

Le rapport au format pdf peut être téléchargé sur cette page-ci.

Nous sommes, ici à Bruxelles, sous le choc de l’opération meurtrière du samedi 24 mai au Musée juif de Belgique, installé dans le paisible quartier bruxellois du Sablon. Et ce à la fois en raison du fait que cette fusillade s’est déroulée dans une ville qui depuis longtemps échappait à toute violence de nature terroriste, et parce que notre Université — en particulier le Centre de recherche qui développe le projet ORELA — entretient depuis de longues années des liens soutenus avec le Musée juif de la capitale belge.

Le régime belge des cultes se caractérise, on le sait, par la reconnaissance et le financement public des cultes et des organisations philosophiques non confessionnelles, ainsi que par l’organisation et le financement de cours des différentes religions reconnues dans l’enseignement — aux côtés de la morale non confessionnelle. Dans le système belge, la reconnaissance et le financement relèvent principalement des compétences de l’Autorité fédérale et des Régions, tandis que l’enseignement est une compétence des Communautés. Or, le 25 mai 2014 se sont déroulées en Belgique des élections tant fédérales que régionales, en plus des élections européennes, et ce en vue de renouveler les parlements fédéral, régionaux et communautaires. Aussi avons-nous jugé pertinent de scruter les programmes des différentes formations politiques belges quant au financement des cultes et l’enseignement de la religion à l’école, afin de constater si des évolutions en ces matières pouvaient être attendues au cours de la législature qui s’ouvre ces jours-ci, bien que les différents gouvernements n’aient pas encore été composés.

En cette fin de 2014, l’Eglise Protestante Unie de Belgique (EPUB) fête ses 175 ans. En 1839, les différentes Eglises protestantes présentes sur le territoire belge signèrent en effet une charte commune, créant ainsi l’Union des Eglises protestantes évangéliques du Royaume de Belgique. Celle-ci se dota d’un Synode, reconnu par l’Etat comme la seule autorité officielle du protestantisme belge. Par la suite, d’autres communautés rejoignirent cette déclaration d’unité et le Synode qui l’incarne jusqu’à aujourd’hui. En ce début de XXIe siècle, l’Eglise protestante unie de Belgique, dont ne font pas partie les nombreuses Eglises évangéliques et pentecôtistes, compte plus ou moins 110 000 membres. Elle a fêté son jubilé par un concert, un culte festif et une séance académique, mais aussi par une manifestation moins classique et hautement symbolique : le 17 octobre dernier, un impressionnant cortège de pasteurs en toge a en effet sillonné les rues de la ville. La célébration de la charte de 1839 a ainsi permis de nouer des parallèles avec d’autres périodes de l’histoire. De fait, le cortège des pasteurs de 2014 n’est pas sans rappeler une autre manifestation, organisée en 1923 pour commémorer de tragiques événements du XVIe siècle.

Le jour où les carnets intimes du cinquième roi des Belges seront disponibles — ils ont certes été utilisés par le cardinal Suenens pour écrire ses ouvrages sur Baudouin, mais la reine Fabiola les a ensuite repris et conservés — on pourra certainement avoir des éléments supplémentaires sur la foi du souverain, dont le cardinal s’est fait l’écho dans ses souvenirs. Mais à travers les écrits de celui-ci (Le roi Baudouin, une vie qui nous parle, 1995), qui fut un proche du roi, et les déclarations de Fabiola à la presse — notamment au moment des fiançailles royales —, on peut déjà avoir une idée convaincante du rapport que le couple entretenait avec la religion.

La Belgique a depuis quelques années fédéralisé une partie importante de sa légilsation relative aux cultes, de sorte que les trois Régions du pays ont désormais dans leur giron nombre de compétences essentielles en la matière. Restait à adopter des dispositifs régionaux afin de les mettre en oeuvre, ce que la Flandre a opéré depuis une dizaine d’années déjà. Le décret wallon du 13 mars 2014 modifiant les règles de la tutelle applicables aux fabriques d’église est venu combler une partie du retard accumulé par la Wallonie à ce propos ; il entrera en vigueur le 1er janvier 2015. Les évêques des diocèses wallons et l’archevêque de Malines-Bruxelles, ainsi que trois fabriques d’église, ont toutefois, début octobre, introduit auprès de la Cour constitutionnelle un recours en annulation de larges pans de ce décret.  

L’actualité dramatique du début de l’année 2015 a relancé en Belgique le débat autour de l’opportunité  d’introduire dans les écoles un cours d’éducation à la citoyenneté, qui comprendrait un enseignement du fait religieux et convictionnel dans toute sa diversité, ayant notamment pour objectif de lutter contre la radicalisation d’origine religieuse. Parmi les questions débattues, figure le sort des cours actuels de religion et de morale : doivent-ils disparaître ? Doivent-ils devenir facultatifs ? Un arrêt de la Cour constitutionnelle vient peut-être de réorienter le débat.

Dans le contexte des attentats sanglants des 7 et 9 janvier à Paris, alimentées aussi par les discours sur la « radicalisation » d’une partie de la jeunesse musulmane, deux initiatives publiques ont défrayé la chronique en France et en Belgique, ces dernières semaines. En France, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, chargé des cultes, a indiqué la volonté du gouvernement de mettre sur pied une « instance de dialogue » avec l'islam. Conséquence : le Conseil français du Culte musulman (CFCM), créé en 2003 à l’initiative de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur lui aussi, s’est vu marginalisé davantage encore qu'il ne l'était ­— les autorités voulant s’adresser désormais à « tous ceux qui ne sont pas ou qui ne se sentent pas représentés par le CFCM » — et pour ainsi dire dessaisi d'une série de dossiers essentiels : la formation des imams, l'abattage rituel, le financement des mosquées ou le dialogue interreligieux. En Belgique, c’est le ministre francophone en charge de l’enseignement supérieur qui a annoncé récemment la mise en route d’un processus visant à mettre sur pied une formation des imams et des cadres musulmans en Fédération Wallonie-Bruxelles.

L’Institut WIN/Gallup International vient de publier récemment les résultats d’une étude intéressant les croyances religieuses, fondée sur une enquête menée auprès de plusieurs dizaines de milliers de personnes dans soixante-cinq pays, et ce sur les cinq continents. Selon ce tout nouveau sondage, dont la presse s’est largement fait l’écho, six personnes sur dix dans le monde (63 %) manifestent leur appartenance à un groupe religieux, alors que deux sur dix (22 %) se considèrent comme étant non-religieuses. Plus d’une sur dix (11 %) enfin, se proclame quant à elle athée convaincue. Mais les écarts sont marqués, et de manière considérable, dès lors que l’on différencie les situations suivant les régions de la planète…

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